Baronne Samedi cultive l'art de la conversation.


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En Arménie, les bois s'installent principalement dans la montagne sur les hauteurs de 550 à 2600 mètres. Les espèces principales sont le chêne, le hêtre et le charme, qui forment souvent des massifs mélangés et grandissent à côté du tilleul, l'érable et le frêne. Les bois sont aussi riches en arbres fruitiers sauvages : poiriers, pommiers, cerisiers, noyers, cornouillers, pruniers...

 

De nombreuses essences fournissent des bois propres à l'artisanat et l'Arménie a une tradition bois ouvragé dont je vous montre ici des exemples, pêle-mêle :

 

 

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Portebois

 

 

Il faut noter néanmoins qu'en raison du blocus énergétique évoqué dans un article précédent, les Arméniens ont dû couper une énorme quantité d'arbres pour survivre en hiver.

 

La déforestation a causé des glissements de terrain et la coupe est désormais limitée, le temps de recomposer les forêts.

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Si je vous amuse avec mes anecdotes, je dois tout de même ne pas vous cacher d'autres aspects moins drôles et une page d'histoire rapide, élaborée par France-Diplomatie, vous apportera un éclairage sur ce que je pourrai raconter par la suite.

 

L’Arménie contemporaine reste profondément marquée par la mémoire du génocide de 1915. Elle connaît une brève période d’indépendance après l’effondrement des empires russe (1917) et ottoman (1918) avant de tomber dans le giron bolchevique puis soviétique.


La République soviétique d’Arménie, qui ne couvre qu’une petite partie du territoire historique de l’Arménie, naît en novembre 1920, elle est incluse en 1922 dans la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, puis devient à partir de 1936 une République socialiste soviétique à part entière.

 

A partir de 1988, des affrontements violents opposent Azerbaïdjanais et Arméniens du Haut-Karabagh, région autonome de la République d’Azerbaïdjan peuplée majoritairement d’Arméniens. Après l’échec du putsch du 19 août 1991 à Moscou, l’Armée rouge quitte le Caucase, laissant les combattants face à face. Les heurts dégénèrent alors en conflit ouvert.


L’Arménie proclame son indépendance le 21 septembre 1991. Le 16 octobre 1991, Levon Ter-Petrossian devient le premier Président de la République élu au suffrage universel. Sa réélection en septembre 1996 est, selon les observateurs occidentaux, entachée de fraudes, et lorsque l’opposition manifeste, le pouvoir envoie la police et les chars. En février 1998, le Président Ter Petrossian, en difficulté notamment du fait de ses prises de position sur le Haut-Karabagh, démissionne.

 

Il est remplacé le 30 mars 1998 par Robert Kotcharian, ancien « président » du Haut-Karabagh.

La vie politique arménienne depuis l’indépendance a longtemps été caractérisée par l’absence de parti politique dominant et la violence extrême des affrontements politiques, dont l’illustration la plus tragique reste la tuerie du Parlement en 1999, dont ont été victimes le Président du Parlement K. Demirtchian et le Premier Ministre V. Sarkissian. La question du Haut-Karabagh y occupe une place prépondérante. Les élections présidentielles de février 2003, consacrant la réélection de Robert Kotcharian, avaient été suivies d’un fort mouvement de protestation.

Le Parlement élu en 2003 a adopté plusieurs réformes importantes (abolition de la peine de mort, adoption de lois sur le service alternatif et les médias...), le Président Kotcharian gardant cependant un contrôle sans partage du pouvoir. Un référendum en novembre 2005 a mis la Constitution en conformité avec les engagements souscrits par l’Arménie lors de son adhésion au Conseil de l’Europe : indépendance de la justice, autonomie locale, médiateur et protection des droits et libertés, équilibre des pouvoirs législatif et exécutif.

L’éclatement de la coalition en mai 2006 puis la démission du Président du Parlement ont donné le signal de recompositions politiques majeures à la veille des élections législatives de mai 2007. D’autre part, le décès du Premier ministre, A.Markarian, a conduit Serge Sarkissian, alors Ministre de la Défense et n°2 du Parti républicain, à assumer la direction du gouvernement. A moins d’un an des élections présidentielles de février 2008, l’enjeu des élections législatives résidait dans la succession du président Kotcharian, auquel la constitution interdisait de briguer un troisième mandat.

 

Alors qu’aucune des élections précédemment organisées en Arménie n’avait répondu aux standards internationaux en matière électorale, les observateurs de l’OSCE ont porté une appréciation globalement positive sur le déroulement du scrutin, marqué par la débâcle de l’opposition historique, l’émergence de forces nouvelles (les jeunes partis « Arménie prospère » et « Héritage ») et la montée en puissance du Parti républicain.

L'avant-dernière élection présidentielle s’est tenue en février 2008. L’annonce de la victoire de Serge Sarkissian dès le lendemain du scrutin avec plus de 52 % des voix a donné lieu à d’importantes manifestations de l’opposition, menée par Levon Ter Pétrossian, premier Président de l’Arménie indépendante et principal adversaire de Serge Sarkissian. Elles ont dégénéré après l’intervention des forces de l’ordre le 1er mars, faisant 8 tués et plus d’une centaine de blessés parmi les manifestants. L’état d’urgence, décrété le 2 mars, s’est vu prolongé dans les faits par un dispositif législatif restreignant les libertés publiques, le pouvoir procédant parallèlement à de nombreuses arrestations et au limogeage de certaines personnalités d’opposition.

Suite aux événements de mars 2008, les autorités arméniennes ont tenté de répondre aux recommandations des institutions internationales, notamment du Conseil de l’Europe (levée du dispositif législatif de restriction des libertés publiques ; mise en place d’une commission d’enquête sur les événements ; ouvertures en direction de l’opposition radicale et des médias ; mise en place d’une chambre civile ; grâce présidentielle ; annonce d’une réforme du code pénal).

Fin janvier 2009, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de tenir compte des premiers résultats encourageants enregistrés par l’Arménie, Erevan échappant ainsi à un vote sanction. Les efforts des autorités arméniennes se sont illustrés le 19 juin 2009 par une amnistie du Président Sarkissian en faveur de près de 2000 personnes, dont 90% des personnes inculpées à la suite des événements de mars 2008. Suggérée par l’ensemble de la classe politique, cette amnistie a été accueillie avec soulagement par l’opinion publique. Malgré ces avancées, des progrès restent à faire en matière de droits de l’Homme.

Depuis mars 2008,  des réformes sont engagées visant à la modernisation de l’Etat : lutte contre la corruption, réforme du système judiciaire, modernisation de l’administration fiscale, lutte contre l’arbitraire des forces de l’ordre, amélioration du climat des affaires). Toutefois, la corruption existe toujours et les oligarques se taillent la part du lion tandis que   la crise financière touche de plein fouet l’économie arménienne. On assiste à une réduction drastique des transferts en provenance des travailleurs émigrés en Russie, à la montée du chômage te à la  chute du PIB.

En 2012,  le « Parti Républicain »  est encore  majoritaire. L’opposition n'a pas pu offrir une alternative politique rassurante, trop divisée en Congrès national arménien de l’ancien Président Levon Ter Petrossian, Dachnaks et parti « Héritage ».  La politique étrangère (cf. rapprochement turco-arménien, Haut-Karabagh…) cristallise les débats politiques, sans mobiliser une opinion publique absorbée par un quotidien rendu difficile par la crise économique.

Situation économique

D’abord épargnée en raison de la faible intégration de son secteur bancaire, l’Arménie a été fortement affectée par la crise financière à partir de la fin de l’année 2008. Le PIB arménien a ainsi enregistré en 2009 une baisse de 14,4%, soit la plus forte récession de la zone CEI après l’Ukraine.

 

Le pays a été particulièrement touché par la dégradation de la situation financière en Russie  dont il demeure très dépendant. La crise du secteur de la construction, pourtant intensif en main d’œuvre, a eu officiellement des effets limités sur le chômage, qui reste sous contrôle (7,1%). Afin de réduire le choc de la récession, l’Arménie a dû faire appel au FMI ainsi qu’aux principales IFIs, au prix d’une dévaluation de 20% de la monnaie nationale et d’une hausse de l’endettement (la dette externe publique passe de 13% du PIB en 2008 à plus de 40% du PIB en 2010) et de l’inflation. En 2010, le pays a renoué avec la croissance (+4,7%), loin cependant des niveaux enregistrés avant la crise.

La crise financière a révélé les faiblesses du modèle de croissance arménien : sa base de croissance excessivement étroite, les manques de compétitivité et de diversité de l’industrie, révélés par un déficit structurel du compte courant et sa dépendance excessive aux capitaux provenant de Russie, qui possède des quasi-monopoles dans le secteur des télécoms (MTS et Vimpelcom), de l’électricité (RAO UES), de la distribution de gaz (Gazprom) et des chemins de fer (RZD). Le potentiel de croissance de l’Arménie reste entravé par une concurrence insuffisante, liée notamment à l’existence d’importants monopoles d’importation (matériaux de construction, verre, sucre, huile…). Les lourdeurs administratives, la corruption et le manque d’indépendance de la justice contribuent également à maintenir un faible niveau de concurrence.

 

Ce que je vois, au quotidien, c'est que des oligarques se goinfrent aux dépens d'un développement économique à long terme, qui mettrait fin à l'émigration massive et redonnerait un avenir à toute une population qui bénéficie d'une éducation de haut niveau mais ne peut pas en tirer parti dans son propre pays.

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 Yerevan était sous un soleil de plomb mais j'avais en vue trois musées, donc je suis partie d'un pas alerte, traversant la ville en direction du premier.

 

Du musée géologique, aucune trace. J'interroge les passants qui m'informent qu'il a été déplacé mais ils ignorent où.  De fait, j'enchaîne avec le musée du Moyen-Orient sur la porte duquel un aimable panneau m'informe que du fait de son réaménagement, il rouvrira en septembre.

 

Soupir.

 

Il ne me reste plus qu'à aller bien plus loin, à la recherche du musée de la fondation de Yerevan. Avant de me lancer dans le périple, je m'arrête à la poste centrale située dans un Yerevan post office bâtiment de la place de la République pour envoyer quelques cartes postales.

 

A ma grande surprise, quelle que soit la destination dans le monde, l'affranchissement est le même, soit environ 0,45 €.

 

Après ça, je fais étape "Chez Artiush", un très coquet restaurant à boiseries, nappes blanches et verrerie taillée. Je me sens sybarite, comparé aux en-cas que j'attrape d'habitude dans les nombreux kiosques qui jalonnent la ville.

 

Les couverts sont disposés de manière particulière, comme je l'ai constaté en d'autres endroits : les verres, au lieu d'être alignés en haut de l'assiette, sont alignés de haut en bas à droite du couteau.

 

Je me régale avec la salade d'aubergines et poivrons confiSALADEts, des roulés au fromage et une grande bière locale, la Kotayk. 

 

Pleine comme un oeuf, je ne suis même pas capable de images commander une pâtisserie feuilletée aux noix qui pourtant brille dans son sirop sur une desserte...

 

 

Le patron me trouve en pleine méditation et me pose la question traditionnelle  aux Arméniens de la diaspora : "de quel pays es-tu arménienne" ?

 

En entendant que je suis de Lyon en France, il affiche un large sourire car il y a des amis. Là-dessus, il insiste pour m'offrir du vin, du café et même du  succulent cognac local, tout en papotant.

 

Lorsqu'enfin je sors de table, mes velléités culturelles sont bien entamées : il faut bien le reconnaître, en plein après-midi, je suis bourrée à Yerevan...

 


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L'Arménie a une tradition millénaire de poterie et céramique. Il est naturel que cette activité se poursuive aujourd'hui, avec des créations contemporaines ou des classiques revisités.

 

Aujourd'hui, après avoir pas mal tournicoté, j'ai fini par dénicher la boutique qui diffuse les céramiques de Spitak.

 

Elle est la parfaite illustration d'une action de soutien réussie. Antonio Montalto, consul Vases.jpg honoraire d’Italie est  arrivé en Arménie avec son ONG, Family Care, après le tremblement de terre de 1988 et s’est depuis énormément investi auprès notamment des orphelins.

 

Antonio Montalto a réussi à dégager des fonds pour développer ses projets en organisant des ventes et des expositions de céramiques directement réalisées lors de travaux pratiques dans les orphelinats. 

 

Son dévouement lui a valu l'aide d'autres bénéfacteurs qui ont assuré la pérennité du projet et permis de créer un centre artisanal.

 

En 2004, le célèbre céramiste britannique Jim Coss a consacré tout un été à partager son savoir-faire.

 

spitak ceramics

Avec son aide, le centre est passé au stade  semi-commercial.

 

De plus, les meilleurs élèves ont pu se professionnaliser. 


A mon grand regret, malgré la variété des formes et des motifs, je n'ai pu choisir qu'une petite boîte. 

 

Je devrai la ramener en France dans mon sac à main car ma valise en toile n'est pas conçue pour les objets fragiles...

 

 


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Comme je le disais précédemment, j'ai le don de me perdre.

 

Pas découragée, j'ai décidé de prendre le métro vers le sud de la ville puis marcher vers l'ouest vers quelques centres d'intérêt.

 

Or donc, après avoir acheté un jeton de métro pour l'équivalent de 20 centimes et m'être laissée emporter dans les entrailles de Yerevan par un escalator survolté, je suis arrivée sur le quai où une rame venait de fermer ses portes.  Malédiction ! Ouais, j'exagère, mais c'est pour planter le décor.

 

Mais c'était l'avant de la rame et le chauffeur au vu de ma mine déconfite a très gentiment rouvert les portes. Classe, n'est-ce pas ?

 

Toute contente de ce bon présage, je m'assieds sereinement jusqu'au moment où j'entends l'annonce de la station suivante "Bagramian". Même sans plan, je sais que quelque chose ne va pas car la station "Hanrabedoutian" que je vise est justement censée être à un seul arrêt.

 

Le temps d'analyser tout ça, la rame repart et je m'empresse de descendre à l'arrêt suivant, "Paregamoutian". En gros, je suis dans un quartier nord-ouest... Faute de plan, je décide de jeter un oeil rapide alentour avant de repartir vers ma destination initiale et revenir une autre fois.

 

En fait, je découvre une immense galerie commerçante, un dédale de boutiques de toutes sortes, du minuscule étal de sandales à la grande maroquinerie, en passant par les vêtements à la mode (la même qu'en France puisque les textiles viennent aussi de Chine et du Pakistan...).  Après avoir flâné longuement, je réalise que la galerie est circulaire en me retrouvant devant  l'escalier de sortie.

 

Je découvre un marché alimentaire, qui s'étend en grimpant une côte. Je me dis qu'à ce table-armenienne.JPG compte, je peux changer mon programme et faire des courses pour le déjeuner.

 

De petits kiosques odorants vendent des brochettes de viandes, des chaussons au fromage et diverses pâtisseries mais je me contente de prendre un tout petit beignet au sirop pour ne pas finir par me nourrir uniquement de gras et de sucre...

 

J'achète donc des tomates, oignon, citron, concombres et poivrons verts, ainsi qu'une tranche de fromage rappelant la féta grecque.

 

J'ajoute un bouquet d'herbes qui font partie du repas de base et qu'on mange en les roulant dans du pain "lavach" ou les incorporant dans les salades : persil plat, sauge, basilic rouge, fenouil fin et parfois coriandre.

 

Au détour d'un étal, j'avise de droles de cerises vert clair et j'interroge le vendeur sur le nom de leur variété. Il me regarde avec des yeux  ronds et me répond, amusé, que ce sont des "cholor".

 

Le nom ne m'évoque rien et je lui demande si c'est un fruit ou un légume : il s'agit bien d'un fruit. prunes.jpg Je demande ensuite si ça se mange cru ou cuit et de plus en plus éberlué, il répond que ça se mange comme ça.  J

 

J'en achète donc une poignée pour y goûter.

 

En croquant, la texture fait penser à la pomme verte mais le goût est résolument... de la prune !

 

Je réalise alors que la prononciation en arménien oriental "cholor" correspond à l'arménien occidental "salor", que j'utilise.

 

Leur taille est celle d'une mirabelle mais les Arméniens les mangent avant maturité.

 

Les prunes vertes annoncent la fin du printemps. Leur acidité est délicieusement rafraîchissantes et certains les mangent même à la croque-au-sel, en entrée.

 

Finalement, j'ai interrogé le vendeur sur des prunes comme si c'était un fruit furieusement exotique. 

 

Le ridicule ne tue pas, et j'en suis la preuve vivante.


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Je n'ai aucun sens de l'orientation. C'est simple, je me perdrais dans une cabine de plage.

 

Passant par l'affolement, l'irritation, l'exaspération et finalement l'acceptation, j'ai compris que tant que je serai en mileu urbain et aurai assez d'argent pour un taxi salvateur, ce n'est pas grave. Il suffit d'éviter soigneusement la jungle et les pôles.

 

Or donc, l'objectif était le célèbre Vernissage, un marché dominical qui tient à la fois du marché aux puces et du marché de la création. 

 

Il est très bien situé, au sud-est de la ville, et j'y suis partie en flânant, sachant qu'au bout d'une quarantaine de minutes, les grands axes puis quelques ruelles m'y amèneraient directement.

 

Ou presque.

 

Le fait est que de flânerie en flânerie, le nez en l'air vers les façades ou à observer les gens, je me suis retrouvée bien plus au nord qu'il ne fallait, alors que j'étais déjà bien fatiguée par une température étouffante, annonciatrice d'orage.

 

Agacée à l'idée du chemin à refaire, j'ai bien dû faire demi-tour. Tout ça pour me tromper encore et m'enfoncer vers l'ouest.

 

Et juste quand j'étais sur le point de hurler (intérieurement), j'ai vu que j'étais sur la rue Moskovian.

 

Le nom m'était familier mais il m'a fallu un moment pour me souvenir avoir noté quelque part : "Voir le magasin d'Arsen".  J'avais vu son travail sur Facebook et c'était une visite que je comptais faire un jour, munie d'une carte car je ne connaissais pas le quartier.

 

En quelques minutes et avec l'aide de passants, j'ai trouvé le magasin et donc ce joli sac,  élégant et moderne, mais habillé de motifs traditionnels arméniens :

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(c) Arsen Shahbazyan

 

Au passage, je montre aussi ces remarquables chaussures dont j'aurais aimé qu'elles fussent des escarpins :

 

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Finalement, quand je me perds... je m'y retrouve.

 


 


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Erevan est considérée comme l'une des villes les plus anciennes du monde : des archéologues y ont retrouvé des traces de l'époque néolithique.

 

Dans les années 1920, l'architecte et urbaniste Alexandre Tamanian a donné son nouveau visage à la capitale. Malgré son style néo-classique et ses influences soviétiques, Tamanian s'est adapté aux caractéristiques historiques du pas et la plupart des constructions utilisent des pierres de pays comme le tuf rose.

 

armenia_erevan.jpg

 

Lla ville est pourvue de belles et larges artères. Quelques années auparavant, il fallait les talents combinés du sprinter et du torero pour en réchapper.

 

Juste après l'époque soviétique, il y avait peu de voitures. Les feux étaient anecdotiques et, une fois engagé sur la chaussée, il ne fallait ni ralentir ni reculer car les automobilistes avaient pour habitude, non de s'arrêter, mais de vous contourner en vous effleurant le popotin.

 

L'augmentation des véhicules a engendré de nouvelles règles et désormais, le piéton est une espèce protégée à qui porter atteinte mène directement en prison.

 

Les feux de signalisation ont aussi été équipés de comptes à rebours qui indiquent le nombre de secondes restantes avant que les voitures ne démarrent :


compteur.jpg

Il n'empêche que parfois les secondes allouées suffisent à peine. Après avoir sillonné la ville plusieurs heures par une chaleur frisant les 30°, j'ai commencé à traîner la patte et seul un puissant instinct de survie m'a fait bondir en avant quand, à plusieurs mètres du trottoir, j'ai entendu vrombir rageusement les voitures impatientes.

 

C'est ce qui doit contribuer à rendre les vieillards si alertes, tout comme les escalators du métro, contruit en 1980. Ils s'enfoncent très bas, comme à Rome et vont aussi vite qu'à Budapest : c'est bien simple, on a l'impression, en descente, de surfer cheveux au vent.

 

En rentrant à l'auberge, j'ai eu cette vague sensation de l'avoir échappé belle...

 

 


 


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Levée de bon matin, je me suis retrouvée sur un terrible champ de bataille.

 

Bon, en réalité, c'était une cuisine commune telle que laissée par une nuée de jeunes à sac-à-dos.  Si le dortoir de 8 ne m'a pas empêchée de dormir comme un loir, me retrouver dans des reliefs de repas et des cadavres de bouteilles n'est pas ce que j'appellerais un bon réveil.

 

Il ne restait plus que des céréales au lait, du thé en sachet et, suprême horreur,  du café instantané. C'était le retour de la malédiction et je devais immédiatement contrer le sort.


Donc après une douche rapide, j'ai allègrement dévalé les cinq étages pour aller acheter les indispensables à la survie, soit : du vrai café à préparer dans le "srdjamane"

srjamane.jpg

du yaourt, du vrai, avec du lait entier et qui sent la vache, du fromage de brebis et du "lavach", un pain en feuille fine comme une crèpe qui se prépare de manière traditionnelle dans des fours en brique réfractaire, creusés dans le sol :

 

lavash.jpg

 

J'ai ajouté là-dessus une bouteille de "bali hut", c'est-à-dire du jus de cerises-griottes et j'ai allègrement calmement remonté les cinq étages.

 

Au calme, j'ai pu me poser en papotant avec Maneh, la ravissante jeune fille assurant l'accueil de jour :

  Mane.jpg


 

Plus tard est arrivée Laura, la dame en charge de l'entretien.  Nous avons échangé sur les situations économiques de la France et de l'Arménie, la cuisine et les coins à voir autour de Yerevan.

 

Là-dessus, elle a reçu un coup de fil d'une amie lui proposant des places pour un concert de musique traditionnelle à l'opéra et m'a gentiment offert de l'y accompagner.

 

Au temps pour le sort !

 


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Ce voyage aura commencé sous les pires auspices pour finalement s'annoncer sous les meilleurs.

 

J'avais acheté le billet d'avion Paris-Yerevan dès le mois de septembre 2011 pour partir le 18 mai 2012.

 

D'un naturel prudent (lisez : "je ne fais pas confiance à la SNCF"), j'avais prévu d'arriver la veille pour passer la nuit à Roissy et embarquer, fraîche et rose, le lendemain matin.

 

J'ai donc acheté au meilleur prix (lisez : "ni modifiable ni remboursable")  un billet de TGV Prem's et un nuit au Première classe de Roissy.

 

Pour accélérer mon passage à la douane, j'ai aussi acheté mon visa en ligne évitant ainsi une queue à l'arrivée.

 

Vous connaissez cette délicieuse sensation que le plan se déroule sans accroc ? Eh bien c'est exactement celle qui s'est fissurée à partir de là.

 

J'ai découvert en avril que je m'étais trompée de jour pour le train, réservant le 18 au lieu du 17. Agacée de mon étourderie, j'ai  mis le billet en vente et j'en ai racheté un autre qui par chance, était même moins cher.

 

Le lendemain, Air France m'a annoncé que mon voyage était repoussé d'un jour.  

 

J'ai donc frénétiquement annulé la vente du billet acheté par erreur qui se retrouvait être le bon et mis en vente celui que je venais d'acheter pour rien. 

 

[Note pour plus tard : mon erreur de billet pouvait-elle relever de la préscience et suis-je dotée de pouvoir spéciaux ?]

 

Outre la perpective de l'argent perdu en train et nuitée annulés, j'ai découvert avec stupeur que même une ligne régulière peut vous lâcher et sans dédommagement si on vous prévient au moins 14 jours avant (et bien sûr, pour moi, ce furent 15 jours).

 

Par chance, la centrale de réservation hôtelière a accepté, à titre exceptionnel, de modifier la nuitée et j'ai pu vendre le billet de train inutile.

 

Hier, il y avait des mouvements de grève à la SNCF (si ! si !) mais mon train fut épargné et le coeur léger, je suis arrivée à Roissy à la bonne heure et n'ai eu qu'à attendre une dizaine de minutes la navette vers l'hôtel.

 

Au bout de 25 mn, j'arrive à l'hôtel Première classe de Roissy mais à peine ai-je tendu ma réservation qu'on m'annonce que ce n'est pas le bon hôtel, car il y en a un autre, Roissy-Paris Nord, quoique nullement  mentionné sur le panneau d'information de la navette.

 

A 23 h, en escarpins avec une valise à roulettes, j'ai failli courir pour rattraper la  navette,  heureusement arrêtée pour manoeuvrer devant l'hôtel voisin.

 

A 23 h 15, je suis arrivée au bon hôtel pour m'entendre dire qu'ils n'avaient jamais donné leur accord pour un changement de date, que la centrale de réservation m'avait menti et que mon bon de réservation, sans être un faux, était néanmoins inutile. On m'a aussi affirmé que la centrale était injoignable la nuit.

 

On m'a donc vendu une chambre pour 50 euros, en plus des 29 € pré-payés, en m'offrant néanmoins  le ticket pour la navette du lendemain, en compensation, et en me promettant de faire un dossier sur mon cas.

 

Une fois dans la chambre, passablement agacée, j'ai ouvert mon ordinateur, trouvé le numéro de la centrale et joint une opératrice qui m'a confirmé mon bon droit et appelé la réception. Elle m'a rappelée pour me dire que la réception campait sur ses positions mais que si je lui adressais la facture à mon retour de mes vacances, elle me rembourserait.

 

Normalement.

 

Au matin, j'ai pris la navette (pour info, personne ne contrôle le ticket alors économisez 5 euros) et j'ai découvert qu'il fallait plus d'une heure pour faire le rodéo hôtel > terminal 2E > porte 52.  C'est dans ces moments-là qu'on apprécie l'anxiété qui nous fait prévoir beaucoup de marge dans les calculs de temps.

 

La salle d'embarquement était une Tour de Babel, bondée d'Arméniens retournant chez eux et d'Arméniens de la diaspora ... ça jacassait en arménien teinté d'accent français, espagnol ou américain et ça parlait français avec l'accent arménien. C'est quelque chose d'inexplicable et merveilleux.

 

C'est là que la malédiction s'est arrêtée, ou presque... Un couple d'Arméniens de souche s'inquiétaient de ne pouvoir appeler leur fille à qui ils avaient rendu visite à Lyon pour la rassurer sur leur bonne arrivée à Paris. Je leur ai donc proposé d'appeler avec mon mobile.

 

A partir de là, dans l'avion, ils ont fait échanger ma place avec quelqu'un pour m'asseoir avec eux et m'ont interdit d'envisager de prendre un taxi à l'arrivée ou de changer de l'argent à un mauvais taux d'aéroport.

 

Ils m'ont attendu à la douane quand (retour de la malédiction) mon visa a été déclaré invalide et que l'officier a dû mener une véritable enquête jusqu'à découvrir que l'ambassade avait fait une erreur de saisie dans le numéro de mon passeport.

 

Après ça, ils ont désigné un des fils venus les chercher, avec toute leur famille, pour m'emmener dans un bureau de change avantageux puis à mon auberge de jeunesse.

 

Non seulement il m'y a déposée mais il a insisté pour m'accompagner à la réception, soit au 5e étage d'un immeuble sans ascenseur, en portant ma valise. Il m'a aussi donné les  numéros de fixe et mobile  de sa mère, pour le cas où j'aurais besoin d'aide, ce à quoi j'ai répondu en donnant ma carte pour quand elle reviendra à Lyon avec son mari.


A l'auberge de jeunesse, c'est une autre Tour de Babel avec des Européens, Asiatiques et Américains, pas même d'origine arménienne, dont je me demande pourquoi ils sont là sans vouloir, ce soir, leur demander...


 

carte-armenie.gif

 


 


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La myopie est une chose étrange : si pour d'aucuns, elle est un handicap, elle a aussi l'avantage que l'on peut porter des lunettes.

 

Certains préfèrent se coller des rondelles dans l'oeil, avec un rituel complet de lessive bi-quotidienne, mais cette seule perspective me donne la chair de poule. En outre, si on est porté sur un mode de vie agité, il est beaucoup plus facile de se coucher ivre ou de faire de longs trajets en avion quand il suffit de d'ôter un accessoire externe pour le poser à côté de soi.

 

Ledit accessoire a longtemps été comme une prothèse : efficace et moche. Lorsqu'à neuf ans, j'ai appris avec bonheur que je devrais porter des lunettes, j'étais tout simplement heureuse à l'idée d'avoir l'air sérieux, voire distingué, avec une monture façon écaille. De toute manière, le choix était limité donc on ne s'interrogeait guère.

 

Puis est arrivé le grand, le magnifique, l'extraordinaire Mikli celui qui a fait des lunettes un objet de différenciation qui permettait de voir certes, mais surtout d'être vu.

 

Adieu les machins ovales qui donnaient l'air d'une mémère, ronds qui donnaient l'air ahuri ou carrés qui donnaient l'air d'un contrôleur. Il a introduit les immenses rectangles puis les bandeaux étroits, en droite ligne des années 60 et immédiatement connotés punks. Copié, pillé, il a malheureusement galvaudé son talent et fourni le populo.


J'ai très vite compris tout le parti qu'on pouvait tirer d'une monture hors du commun : peu importe le minimalisme des vêtements ou la banalité du visage, avec une monture 16/9e en chrome ou en inclusion de tissu écossais rouge et noir, personne ne vous oublie.

 

Alors que tout laissait à penser que les lentilles enverraient les lunettes aux oubliettes, jamais il n'y a eu autant de choix. Le plus difficile est désormais de trouver le modèle rare, en série limitée, que les adeptes des montures à deux balles n'auront jamais.

 

Je tire une vanité puérile à m'entendre dire "Vos lunettes sont vraiment originales" ; on m'accoste dans la rue, dans les boutiques ou dans les cafés pour me demander d'où elles viennent.

 

J'aime le rituel digne d'un passage chez le joaillier, quand assise devant un miroir en tryptique, on dépose successivement devant moi des tiroirs entiers de modèles, que je renvoie souvent d'un geste dédaigneux avant de me concentrer sur les quelques rares possibilités, sans m'arrêter au prix souvent extravagant.

 

"Femme à lunettes, femme à quéquette", paraît-il. C'est vrai pour ce qui me concerne.

 

Les dragueurs intelligents savent qu'il vaut mieux me complimenter sur ma monture que sur mes gros nichons.

 

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Et pour tout dire, même si le séducteur a fébrilement réussi à arracher tous mes vêtements il saura, s'il a du talent, qu'une myope n'est vraiment toute nue que s'il a réussi à lui faire enlever ses lunettes...

 

 

Par Baronne Samedi - Pour parler, c'est ICI - Voir les 4 commentaires

Nous vivons une tragédie économique, Mesdames et Messieurs !

 

Selon Plus-Model, en 1990, une mannequin pesait environ 8 % de moins que la moyenne des femmes ciblées. Aujourd'hui, la différence est de 23 %, soit pratiquement un quart de moins que le poids d'une consommatrice moyenne.

 

Certes, des femmes naturellement maigres facilitent la tâche de couturiers mâles qui ne savent pas ce que sont une paire de nichons généreux et des fesses dodues. Toutefois, pour bien des mannequins, l'indice de masse corporelle révèle un état de malnutrition qui en a mené plus d'une à la mort.

 

Vous imaginez l'impact sur le commerce ? C'est abominable !

 

Si les victimes de la mode décérébrées persistent à s'affamer pour ressembler à des porte-manteau plutôt que de réclamer des vêtements appropriés, le marché de la mode va se  restreindre à vue d'oeil....

 

Le temps de mettre les collections en rayon et hop ! une partie de la clientèle sera déjà clamcée, morte de faim au 21e siècle en pleine société de consommation.

 

A ce train-là, on va bientôt parler de société de consomption...

 

Ces femmes portent atteinte à la croissance économique : elles ne mangent rien, elles s'habillent dans un mètre de tissu et bientôt, on pourra les enterrer à deux par cercueil. 

 

C'est honteux et j'estime qu'on doit appliquer aux maigrichonnes maladives une taxe de compensation versée aux honnêtes femmes qui contribuent à faire prospérer les affaires, en mordant la vie à pleines dents.

 

Par Baronne Samedi - Pour parler, c'est ICI - Voir les 2 commentaires

Les politiciens ne sont pas tous soucieux de bien social mais certains n'ont même pas le tact de faire semblant.

 

Celui qui s'est permis de clamer "Casse-toi, pauv'con", celui qui juge la valeur d'un homme à la marque de sa montre, celui qui a eu l'affront de prendre les ouvriers de l'acier pour des crétins, celui qui a protégé les fortunes colossales de ses amis au détriment de l'économie française, celui qui a confondu les fonds de l'Etat avec son porte-monnaie,  celui qui nous a laissé 13 % de pauvres et fricoté avec de bien douteux personnages, celui-là même a bien dû quitter son trône.

 

Je plains son remplaçant qui se retrouve à la barre d'un navire aux cales vidées par les rats qui le quittent mais je suis soulagée de voir qu'un peu plus de la moitié du troupeau français a sauvé ses neurones en réclamant du changement.  

 

En résumé :   YOUPI !! 

 

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Par Baronne Samedi - Pour parler, c'est ICI - Voir les 1 commentaires
 
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