Baronne Samedi cultive l'art de la conversation.


Ses vices incluent les friandises, les livres, l'art, le punk, le bon langage et l'ironie. 


La Baronne tient salon le crésudi.

Rechercher

Contact

baronnesamedi@gmail.com

Thèmes

17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 23:12
D’après  les mémoires très romancés de l’anglaise Anna Leonowens qui fut préceptrice dans les années 1860 des enfants du roi de Siam, Rodgers et Hammerstein  créèrent en  1951 une comédie musicale à Broadway.
 
Tout le sel de la pièce réside dans l’affrontement mêlé d’admiration  de deux fortes personnalités et dans le  choc de deux cultures pour lesquelles l’autre est barbare.  
 
La musique de Rodgers résume la rencontre en mêlant  valses et polkas avec des sonorités  orientalisantes.  Les dialogues sont en français et les chansons  conservées en anglais sont surtitrées pour ne rien perdre de l’action.
 
Au lever du rideau, point de faste ni de dorures : on se demande où se cache le royaume de Siam dans ce  décor  résumé à quelques  pans de dentelle mobiles, parfois séparations , parfois théatre d’ombres.  Mais très vite la musique s’impose  et les costumes dont la richesse réside dans les couleurs vives chassent l’impression d’austérité.
 
Le roi de Siam est interprété par un Jacques Verzier  dont la  séduction tempère l’arrogance du personnage et Edwige Bourdy ne lui cède en rien, donnant à Anna la force et  la finesse qui permirent à cette féministe avant la lettre d’humaniser le monarque.
 
La Maîtrise de l’Opéra de Lyon porte bien son nom : les enfants jouent et chantent avec un talent qui n’a besoin d’aucune indulgence.  Les musiciens, présents sur scène,  nous rapprochent encore plus de l’action.
 
Un tournant important est  la pièce dans la pièce, la représentation  à la manière asiatique de « La case de l’oncle Tom », une mise en abyme dénonçant l’esclavage et  la tragédie des séparations. 
 
L’utilisation des accessoires est remarquable :  des animaux fantastiques suggèrent  la terreur,   un voile agité près du sol,devient un fleuve bouillonnant puis, posé au sol,  devient un lac gelé, les acteurs virevoltent, portant à bout de bras soleil et nuages... on se laisse emporter sans réserve par le brio de cette composition.
 
« Le Roi et moi » est une coproduction de l’Opéra de Lyon et le Théâtre de la Croix-Rousse.
 

http://www.opera-lyon.com/spectacles/opera/fiche-opera/fichespectacle/le-roi-et-moi/

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Art
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 22:12

Je raffole des fleurs. J'aime les cascades de glycines autour des portes de villa, les  pissenlits qui rayonnent dans les prés, les iris sombres et hiératiques qui semblent méditer à l'ombre de vieux murs.

 

J'aime aussi ces variétés aux teintes éclatantes qui font vibrer la lumière dans la maison, et ces lis, narcisses ou mimosas qui embaument et éveillent les sens comme aucun produit de synthèse ne peut le faire.

 

A mon grand regret, la tradition du bouquet se perd.

 

Il fut un temps où tenir table ouverte vous valait ce charmant cadeau.

 

bouquetmariee.jpgPeu importait le temps passé aux fourneaux et la lutte insensée qu'était le nettoyage consécutif de la cuisine, peu importait d'avoir dû courir racheter de la crème parce que la chatte avait réussi à plonger dans le pot... au final, il y avait ce bonheur d'ouvrir la porte sur le  débordement de couleurs qui précédait les convives. 

 

On se perdait en protestations de pure forme en cherchant  frénétiquement le bon vase, le coeur bondissant de plaisir à l'idée qu'après la fête, ces beautés resteraient plusieurs jours pour prolonger le plaisir.

 

Aujourd'hui, la tradition s'est perdue. On vous apporte du vin, quand vous avez déjà débouché celui du repas, voire un dessert comme si l'on craignait que vous eussiez omis d'en préparer un.

 

Il est vrai que les fleurs sont plus que jamais un luxe. Il devient rarissime de les trouver en vrac pour composer son propre bouquet ou même s'offrir une simple tige pour soliflore.

 

Les magasins à succursales multiples ont pris le dessus et vendent toute l'année les mêmes variétés congelées en Afrique ou en Hollande. Les fleuristes proposent surtout des compositions prétentieuses dont la coupe et le brin de paille sont censés justifier une marge extravagante. 

 

Depuis que ma fleuriste traditionnelle a fermé, je suis orpheline.

 

Chez elle, j'achetais  ces énormes chrysanthèmes jaunes dont je raffole et que je ne trouve plus ailleurs. Chrysanthème jaune

 

Elle avait ces roses de jardin foisonnantes qui s'ouvrent jour apr ès jour, en vagues de pétales charnus, satinés et qui sentent si bon quand j'y enfouis le nez que j'ai envie de les mordre.

 

Elle avait aussi ce qui est si rare : les bouquets de violettes dont le parfum grisant contraste avec l'aspect modeste.

 

Il est vrai que chaque matin, ma fleuriste se levait à l'aube pour faire ses achats au marché de gros, avec les arrivages quotidiens en provenance des meilleures origines françaises.

 

Elle ne se contentait pas d'ouvrir des boîtes de fleurs surgelées,  les mêmes variétés toute l'année, sans odeur, et qui se fanent dans la journée.

 

Il me reste l'espoir de voir refleurir ce beau métier. A force de lutte contre la mondialisation et de renaissance des petits métiers, j'escompte bien qu'un jour des artisans-fleuristes s'épanouiront de nouveau dans mon quartier.

 

 

 

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Humeur
commenter cet article
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 17:43

Le Théâtre de la Croix-Rousse mêle avec finesse démocratisation et exigence artistique. Lieu de production, création et diffusion, il a  fait découvrir  au cours de cette saison pas moins de 26 spectacles à 62 000 spectateurs.

 

Présentée en conférence de presse ce matin  par Jean Lacornerie et Anne Meillon,  la saison 2013/14 s’annonce particulièrement riche d’une  programmation éclectique.


Il y aura des pièces de théâtre, des pièces accompagnées de musique et de projection, des concerts, des comédies musicales des clowns et même des marionnettes.

 

Les textes classiques seront bien là, avec Shakespeare, Molière, Nerval ou Racine, dans des mises en scène innovantes, et nous pourrons découvrir des auteurs plus récents, comme Bernhard, Djemaï, Kreutz ou Leprest.

 

Deux spectacles hors normes s’annoncent particulièrement singuliers : un « Henri VI » de près de 7 heures par la jeune équipe La Piccola Familia et « Une faille », pièce conçue par Mathieu Bauer sur le modèle haletant des séries télévisées dont les huit épisodes seront présentés d’une traite en quatre heures...

 

 

THEATRE DE LA CROIX-ROUSSE - Place Joannès-Ambre - 69004 LYON

www.croix-rousse.com -  Tél. 04 72 07 49 49

 

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Art
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 14:02
ARTE a diffusé un joli documentaire sur Cab Calloway, une légende formidable du jazz. Enfant, j’écoutais en boucle un album que j’avais déniché. J’étais littéralement transportée par son scat et ses rythmes originaux.
Je connaissais les grands orchestres mais le sien, c’était autre chose ! Le documentaire explique d’ailleurs l’originalité de mise en place et de la grosse caisse qui, bien que gardant le rythme habituel, applique des temps forts à la façon des tambours amérindiens.
Bien plus tard, j'ai vu des images et découvert ce farfadet zazou, sa gestuelle incroyable et son sourire contagieux. Elegant comme Duke Ellington avec une folie en plus, Cab Calloway était une bête de scène.
Au fil des ans, à mesure que j’écoutais des musiciens de jazz, de blues, de grands orchestre comme ceux de Count Basie ou Duke Ellington, j’avais toujours ce regret ne pas les avoir connus sur scène.

J'aurais tant voulu voir « Minnie de Moocher » au Cotton Club...
Cab Calloway ayant fait ses débuts dans les années 20, je le croyais déjà au paradis du scat. Et voilà qu’en 1980 sortit le film «Blues Brothers » et qu’à ma grand stupeur, Curtis n’était autre que...Cab Calloway ! Vivant !
L’apothéose fut en 1987 : festival de jazz de Vienne, il était là sur scène, toujours élégant, avec ce sourire aussi blanc que son costume. Certes, il ne bondissait plus et ses numéros étaient largement entrecoupés de séquences musicales et numéros de danseur mais C'ETAIT VRAIMENT CAB CALLOWAY !
Cinquante ans après le public du Cotton Club, nous avons tous scandé "Ho-de-ho-de-ho-de-ho ! Hi-de-hi-de-hi-di-hi! " en réponse à MC Calloway.
C’était bouleversant et incroyablement joyeux.
Il avait alors 80 ans et nous a quittés en 1994, une longévité qu’il devait sans doute à cette merveilleuse énergie (ou peut-être parce qu’il était né sous le signe du Capricorne, le 25 décembre 1907...)
Pour en savoir plus sur lui, je vous recommande ce blog magnifique : http://thehidehoblog.zumablog.com/index.php

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Capricorne
commenter cet article
15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 21:24

« Ô CARMEN » est une déclaration d’amour burlesque au monde lyrique.

Accompagné d’une seule et talentueuse pianiste, Olivier Martin-Salvan nous dévoile l’ambiance hystérique d’une répétition d’opéra.

Il est rondouillard mais n’a rien de pataud. Bondissant, papillonnant, il incarne à merveille chacun de ces forçats qui portent un spectacle à la scène : diva capricieuse, metteur en scène hystérique, chanteuse timide, chef d’orchestre amidonné, costumière populo, machiniste blasé...

Et il chante Olivier Martin-Salvan, c’est même un beau brin de ténor qui parvient à conserver l’émotion de Bizet dans sa performance de bouffon.

Car c’est bien une farce et si le spectacle dans son ensemble est réussi, j’aurais préféré moins de fondus au noir, de gesticulations et de bruitage vocal pour évoquer le quotidien entre les répétitions. Sans rien apporter à l’histoire, ils diluent ce qui pourrait n’être qu’une suite de morceaux d’anthologie comme les professeurs de chant, la visite des loges, la séance de maquillage, le nettoyage du piano...sans parler du chien.

C’est néanmoins une bonne idée qu’ont eue les auteurs et la représentation fut chaudement applaudie par un public hilare.

« Ô Carmen », écrit par Olivier Martin-Salvan, Anne Reulet-Simon et Nicolas Vial 1 h25 – Du 14 au 16 mai 2013 au Théâtre de la Croix-Rousse – Lyon.

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Art
commenter cet article
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:38

Il est centenaire mais futuriste ; il aurait pu jouer dans "Le cinquième élément"... J'ai pour lui une fascination que je ne m'explique pas.

En tout cas, s'il n'était pas protégé des égoïstes comme moi, je l'aurais enlevé sans vergogne à la Tate Gallery de Londres pour le voir plus souvent.

C'est là toute la beauté douloureuse des musées : ils nous font faire des rencontres extraordinaires, mais parce qu'ils en sont les gardiens, il faut repartir les mains vides et le coeur serré.

"Torso in Metal" - Jacob Epstein - 1913

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Art
commenter cet article
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:47

En feuilletant un magazine, j'ai subi un dégât des yeux : en erreur de conjugaison, la publicité atteint des... sommets ^ ^

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Langage
commenter cet article
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 01:04

Pour le goûter, la parfaite merveille vient de Romans : c'est la pogne


Cette belle couronne dorée mêle farine, œufs, beurre et parfum de fleur d'oranger. 

Créée à la fin du XIVe siècle, la pogne n’était confectionnée que pour Pâques. Les œufs, dont l’usage était prohibé en Dauphiné pendant le Carême devenaient ce jour-là le principal apprêt de la table.

poge.jpg


Sa texture particulière se différencie de la brioche ordinaire et son arôme est enivrant. Je l'aime au plus près de sa sortie du four, quand elle colle légèreemnt au palais, mais d'aucuns la préfèrent quand elle a un peu séché.

 

Vous savez où aller pour vous faire une opinion...


Partager cet article

Baronne Samedi - dans Friandises
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 13:50

Certaines minutes de tribunal sont si hilarantes qu’on se demande comment les greffiers parviennent à garder leur sérieux....   Je traduis ci-dessous quelques exemples tirés du livre « Disorder in Court » :
 

  • AVOCAT : Quelle est votre date de naissance ?
  • TEMOIN : Le 18 juillet.
  • AVOCAT : Quelle année ? 
  • TEMOIN : Chaque année !

 

  • AVOCAT : Cette maladie affecte-t-elle votre mémoire ? 
  • TEMOIN : Oui
  • AVOCAT : Et en quoi affecte-t-elle votre mémoire ? 
  • TEMOIN : J’oublie des choses. 
  • AVOCAT : Vraiment ? Pouvez-vous nous donner un exemple de quelque chose que vous avez oublié ?

 

  • AVOCAT : Dites-moi, Docteur, n’est-il pas vrai que quand une personne meurt dans son sommeil, elle ne s’en aperçoit pas avant le matin suivant ? 
  • TEMOIN :  Etes-vous vraiment avocat ?

 

  • AVOCAT : Votre plus jeune fils, celui-qui  a 20 ans, quel est son âge ? 
  • TEMOIN : 20, comme votre QI

 

  • AVOCAT : Etiez-vous présent quand on vous a pris en photo ?
  • TEMOIN : Vous vous fichez de moi ?

disorder.jpg

 

 

  • AVOCAT : Donc le bébé a été conçu le 8 août ? 
  • TEMOIN : Oui
  • AVOCAT :  Et que faisiez à ce moment-là ?
  • TEMOIN :  Ben, je me faisais baiser.

 

  • AVOCAT : Elle a eu trois enfants, c’est ça ?
  • TEMOIN : Oui.
  • AVOCAT : Dont combien de garçons ?
  • TEMOIN : Aucun
  • AVOCAT : Et y avait-il des filles ?
  • TEMOIN : Votre Honneur, je veux un autre avocat. Puis-je avoir un AVOCAT ?

 

  • AVOCAT : Qu’est-ce qui a mis fin à votre premier mariage ? 
  • TEMOIN : Le décès.
  • AVOCAT : Et le décès de qui ?
  • TEMOIN : Devinez !

 

  • AVOCAT : Docteur, combien des autopsies que vous avez pratiquées l’ont-elle été sur des morts ? 
  • TEMOIN : Toutes. Les vivants  opposent trop de résistance.

 

  • AVOCAT : Vous souvenez-vous de l’heure à laquelle vous avez pratiqué l’autopsie ? 
  • TEMOIN : J’ai commencé à 20 h.
  • AVOCAT : Mr. Denton était-il mort  à ce moment-là ?
  • TEMOIN :  A supposer que non, il l’était  problablement à la fin. 

 

  • AVOCAT : Docteur, avant de commencer l’autopsie, avez-vous pris le pouls ? 
  • TEMOIN : Non.
  • AVOCAT : Avez-vous vérifié la tension?
  • TEMOIN : Non.
  • AVOCAT : Avez-vous vérifié si la victime respirait ?
  • TEMOIN : Non.
  • AVOCAT : Donc, il était possible que le patient soit encore vivant quand vous avez commencé l’autopsie ?
  • TEMOIN : Non.
  • AVOCAT : Et comment pouvez-vous en être sûr, Docteur ?
  • TEMOIN : Parce que son cerveau était dans un bocal posé sur mon bureau. 
  • AVOCAT : Je vois, mais le patient n’aurait-il pas pu être vivant quand même ? 
  • TEMOIN : A la réflexion, il est possible qu’il ait été vivant et en train d’exercer le métier d’avocat. 



Disorder in the Court: Great Fractured Moments in Courtroom History - 255 pages
Charles M. Sevilla (Auteur), Lee Lorenz (Illustrations) - Editeur :  Norton & Company  

ISBN-10: 0393319288

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Lecture
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 09:58

Je ne suis pas férue de poèmes compassés ou de ces vers de mirliton que pondent les amateurs bien intentionnés.

 

Si "Un autre langage" m'a plu, c'est parce que ces vers libres portent  une poésie puissante, bouillonnante dont les images fortes suscitent un flot d'émotions.

 

 

unautrelangage.JPG

 


Les sentiments en filigrane imprègnent le coeur et s'imposent à l'esprit : je reviendrai  souvent à ce recueil pour relire "Ote donc", "La route" ou "Un jour j'ai vu"...

 

 

"Un autre langage" -  Caroll Aharonian - Editions Bénévent

 

Partager cet article

Baronne Samedi - dans Lecture
commenter cet article
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest