Ces dernières années ont vu l'émergence de deux agaçantes affectations de publicitaire. La
première est la mise au ban de la préposition sans, la seconde est la féminisation démagogique des
termes.
Autrefois, après les privations de la guerre, la réclame commença de nous vanter, à un rythme modéré, les charmes d'aliments plus nourrissants, plus crémeux, plus sucrés, plus moelleux... Meilleurs, quoi. On savait qu'il fallait en manger raisonnablement mais au moins, en manger était clairement un plaisir.
Le joyeux conglomérat agro-alimentaire a décidé de nous engraisser comme des cochons en nous harcelant de publicités destinées à nous convaincre qu'il était vital
de se goinfrer du matin au soir de sucre et de graisse, jusqu'à faire croire que c'était un dû.
Parallèlement, le joyeux conglomérat de la mode et des cosmétiques, a martelé combien il était nécessaire de ressembler à une rame à haricots pour avoir le droit d'exister en tant qu'être socialement acceptable et sexuellement attrayant.
Manger pour le plaisir étant devenu tabou, on a inventé la pause, la petite faim etc. pour justifier les surplus d'alimentation, en omettant les règles d'hygiène de vie les plus élémentaires. Fatalement, les Français ont grossi.
Aucun des conglomérats ne voulant perdre d'argent, ils ont mis au point une stratégie ahurissante que n'auraient pas renié les Shadocks : il faut se gaver de
surplus appauvris.
Seulement voilà, le mot sans étant l'archétype de la privation, comment inciter à l'achat ? La réponse est simple : il faut se donner l'air
scientifique. Et voici qu'on n'a plus de produits sans sucre mais des produits avec 0 % de sucre ou de matière grasse.
Abracadabra ! Peu à peu, le gogo se laisse conditionner à ingurgiter, dans tous les sens du terme, n'importe quoi. Il y en eut même pour acheter de l'eau garantie contenir 0 % de calories et parée de vertus illusoires... jusqu'à ce que la DGCCRF mette fin à la distribution de ce parangon d'arnaque.
L'influence du langage sur le comportement étant démontrée, les deux conglomérat attaquent les nouvelles générations de filles en féminisant les termes désignant ce
qui est censé leur être propre.
Ainsi, on ne vante plus le brillant des cheveux ou du carrelage bien astiqué mais leur brillance. De même, comme les vrais biscuits ont un croustillant de bon aloi, on vante aux apprenties-boulimanorexiques la croustillance de pathétiques barres aux céréales.
Par pitié, gardez votre cerveau sans bêtise et avec allant.
l'agnes masquée 11/07/2010
snarkhunter 27/07/2011
snarkhunter 30/07/2011