Baronne Samedi cultive l'art de la conversation.


Ses vices incluent les friandises, les livres, l'art, le punk, le bon langage et l'ironie. 


La Baronne tient salon le crésudi.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 10:24

 
Au départ, j’avais un 110. On avait beau me dire que c’était bien, et plus que la moyenne, j’avais quand même l’impression de rater quelque chose.  J’étais sûre qu’avec plus, j’y gagnerais.
 
Ce n’était pas pour frimer, juste pour me sentir mieux.

En consultation, le Professeur A.  m’a expliqué que les lois anti-eugéniques empêchaient une augmentation supérieure à 25 et que de toute manière 135, c’était déjà généreux. 

Il avait raison ! Après l’intervention,  il a fallu que je m’habitue. D’un seul coup, les conversations n’étaient plus les mêmes et tout avait une autre dimension.

Lors de mes sorties, j’ai commencé à rencontrer  des gens différents et  pour bien les recevoir,  j’ai étudié,  redécoré la maison et refait ma garde-robe. A mesure que mes goûts s’affinaient,  je dépensais de plus en plus et j’ai pris un nouveau travail, plus compliqué mais qui payait mieux. J’ai même pu m’offrir une belle bibliothèque.

Un jour, lors d’une conférence j’ai rencontré  F. , un neurochirurgien brillant et terriblement séduisant.  D’un seul coup, mon 135 m’a paru étriqué et je voulais vraiment lui en donner plus.

Le Professeur A. n’a rien voulu savoir alors je suis allée dans une clinique en  Roumanie, pour faire faire un gabarit Mensa. 

Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je me suis retrouvée avec un 200+.  Depuis, je vis l’enfer :  j’ai dû lâcher mon travail parce que c’était une routine infernale et je n’ai plus de candeur. Aux premiers mots, je sais déjà de quoi sera faite un conversation,  les activités humaines m’ennuient  et  F.  s’avère être un pâle scientifique au regard de ce dont je voudrais pouvoir parler. Même la politesse de convenance ne suffisent pas à masquer la duplicité, la lâcheté et la mesquinerie de notre société.

Cette solitude est un cercueil de verre.

En arpentant la Toile, j’ai découvert  une communauté d’Excessifs, parias comme moi, quelque part en Norvège. Je vais devoir y aller pour ne pas devenir folle, mais je sais que l’Excès endommage les capacités émotionnelles alors que mon intervention ratée m’en a laissé beaucoup. J’ai peur de ce que je vais trouver.

Je n’aurais jamais dû faire augmenter mon QI. 

 

Je regrette.

 

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Baronne Samedi - dans Lecture
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commentaires

aszeb 05/04/2012

je ne te dirai pas à quoi j'ai pensé...

Mickael 05/04/2012

Vive la norvège ;-)

Big Bad Pete 09/04/2012

Afin de me confondre dans une médiocrité fraternelle, œcuménique et universelle, j'ai opté pour une diminution de QI, et depuis, je me porte nettement mieux.
Les conversations avinées de comptoirs et autres café de commerce en déroute ont désormais bien plus d’attrait

David.P. 26/04/2012

Mmmh Chère Baronne, j’hésite à vous plaindre : question carrière, on peut pas dire qu'une jolie femme comme Jayne Mansfield se soit vraiment éclatée, c'est vrai. Par contre question beaux mecs,
elle n'est pas restée sur la touche. Elle a quand même eu 3 enfants avec un Mister univers, non ? Pour voir les carrés de chocolats du mari de Miss Mansfield, cherchez donc "Mickey Hargitay" sur
google...

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